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5èmes Journées de Médecine Générale de Meknès
11 juin 2010


 
Les 5 dernières nouvelles

pauvrete au Maroc - par amgpa le 21/08/2010 @ 08:39

Pauvreté: Nouvelle polémique en vue
 
· Le taux de pauvreté grimpe à 28% selon un nouvel indice du Pnud

· Le Maroc plus mal loti que le Guatemala, l’Egypte ou la Tunisie




La pauvreté on le sait est un sujet où le consensus, en particulier, sur la méthodologie est difficile à obtenir. Maintenant lorsque le calcul des chiffres de la pauvreté engage un organisme aussi important que le Pnud, cela change bien évidemment tout.
IMP: Retenez bien ce sigle, c’est celui de l’indice multidimensionnel de pauvreté créé par l’université d’Oxford pour le compte des Nations unies. Le MPI est déjà utilisé à des fins statistiques au Mexique et la Colombie et la Chine envisagent d’en faire leur indicateur socioéconomique de référence. L’indice qui intègre plusieurs facteurs donne un tableau plus complet de la pauvreté que ne le permettent les simples mesures du revenu. Dans le cas du Maroc, surprise: l’application de cet indice fait grimper brutalement le taux de pauvreté: 28% contre 9% selon l’enquête du Haut-commissariat au Plan sur le niveau de vie des ménages de 2007. L’on se retrouve donc avec 8,9 millions de pauvres. Même dans les pays qui ont connu un taux de croissance important durant ces dernières années, l’application de cet indice a révélé l’augmentation ou la persistance de la pauvreté extrême.
Selon cet indice, le Maroc compte plus de pauvres que de pays comme le Guatemala, l’Egypte ou la Tunisie. Mis au point en collaboration avec plusieurs experts, dont ceux du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), le MPI a été développé par le Centre de recherche économique pour le développement international de l’université d’Oxford (OPHI), avec le soutien des Nations unies. Il se base sur dix indicateurs dont le taux de scolarité, la mortalité infantile, le degré de malnutrition, l’accès à l’électricité et la possession de quelques biens de consommation. Il donne donc une idée plus affinée de la pauvreté puisqu’il ne tient pas uniquement du revenu.
Dans le cas du Maroc, les chercheurs de l’Ophi se sont basés sur le recensement général de 2004. L’Indice multidimensionnel de pauvreté relève ainsi que la situation est plus délicate dans les zones rurales avec des problèmes d’accès à l’eau potable, d’installations sanitaires, d’électrification et de scolarisation. De quoi remettre en cause les statistiques du HCP qui relève que la pauvreté (mesurée selon le revenu) a été réduite de moitié dans les campagnes s’établissant à 14,5% en 2007 contre 25,1% en 2001. En fait, les méthodes de mesures actuelles de la pauvreté ne rendent pas compte du degré de privation des personnes pauvres en matière d’éducation, de santé et de niveau de vie. L’application du nouvel indice montre par exemple que 28,5% de la population à des manques de 30% par rapport à la scolarisation, l’équipement et la santé. Les résultats fournis par l’application de cet indice multidimensionnel ne manqueront pas de soulever un tollé. Surtout auprès des politiques. Mais il a l’avantage de mesurer les écarts en termes de nature et de gravité de la pauvreté de manière précise. Il pourrait donc assurer un meilleur ciblage des politiques d’aides.
En tout cas, le bureau du rapport sur le développement humain du Pnud compte appuyer l’Ophi pour favoriser le débat international sur l’applicabilité de cette démarche multidimensionnelle à la mesure de la pauvreté. Cet indice sera aussi appliqué dans l’édition du 20e anniversaire du Rapport mondial sur le développement humain.
Les chercheurs de l’Ophi ont analysé les données de 104 pays représentant 78% de la population mondiale. Il en ressort que le nombre de personnes vivant dans la pauvreté s’élève à 1,7 milliard selon l’IMP, et non 1,3 milliard de personnes comme l’évalue l’indice de pauvreté habituel. Ce dernier mesure la pauvreté extrême au seuil de 1,25 dollar par jour ou moins pour vivre. L’application de cet indice bat également en brèche certaines idées reçues. Ainsi la moitié des pauvres de la planète vivent en Asie du Sud (soit 844 millions de personnes) et seulement le quart en Afrique. Dans les pays qui ont connu une croissance économique robuste ces dernières années, l’analyse de l’IMP révèle la persistance de la pauvreté extrême. L’Inde en est un exemple notable. Il y a plus de pauvres selon l’IMP dans huit des États de l’Inde (421 millions dans le Bengale occidental, le Bihar, le Chhattisgarh, le Jharkhand, le Madhya Pradesh, l’Orissa, le Rajasthan et l’Uttar Pradesh) que dans les 26 pays africains les plus pauvres (410 millions au total). L’IMP met également en évidence d’amples variations intranationales: selon cet indice, Nairobi a le même taux de pauvreté que la République dominicaine, alors que le nord-est rural du Kenya est plus pauvre que le Niger.
Ces résultats s’expliquent par le fait que l’IMP prend directement en compte les manques dans l’état de santé, le niveau d’éducation et les services clés tels que l’eau, l’assainissement et l’électricité. Or dans certains pays, ces ressources sont fournies gratuitement ou à très faible prix, alors que dans d’autres, elles sont hors de portée de nombreuses personnes qui travaillent et qui ont un revenu. L’indice met également en évidence d’amples variations dans un même pays.



Calculs


Au Maroc, une approche multidimensionnelle de la pauvreté a démarré au niveau du Haut-commissariat au Plan. Mais jusque-là, la pauvreté est toujours calculée de manière traditionnelle, soit selon le revenu. Il s’agit de l’approche recommandée par la Banque mondiale et utilisée partout dans le monde. Ainsi trois taux sont calculés, le taux de pauvreté alimentaire, le taux de pauvreté absolue et celui de la pauvreté relative. Le premier renseigne sur le pourcentage de la population dont la dépense annuelle moyenne est inférieure au seuil de pauvreté alimentaire (1.752 DH).
Le second sur le pourcentage de la population dont la dépense annuelle moyenne est inférieure au seuil de pauvreté absolue : 2.543 DH en milieu urbain et 2.466 DH en milieu rural, en 2001. Quant au troisième taux, soit le taux de pauvreté relative, il indique le pourcentage de la population dont la dépense annuelle moyenne est inférieure au seuil de pauvreté relative: 3.098 DH en milieu urbain et de 3.421 DH en milieu rural, en 2001.

Khadija MASMOUDI

L'économiste

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AMO - par amgpa le 07/08/2010 @ 06:02

« Le syndicalisme est avant tout une force de propositions »

Recherchant des fondements pour un nouveau décollage de notre système de santé, la voix des professionnels s’élève. Pour les médecins privés, les malaises sont profonds, les touchant même dans leur dignité humaine. Dans cet entretien, le Dr Mohamed Naciri Bennani, Président du Syndicat des médecins du secteur libéral, tout en les dévoilant et les dénonçant, les analyse et propose des alternatives dans une logique de complémentarité et de partenariat avec les autres composantes.

Doctinews. Tout d’abord, la dichotomie secteur public/secteur privé au Maroc continue de marquer notre système de santé. Quelle évaluation faites-vous de cette médecine à double vitesse ?

Le Dr Mohamed Naciri Bennani. Normalement, les deux secteurs du système de santé, public et privé, doivent travailler en parfaite complémentarité, en respectant les lois régissant l’exercice de la médecine, afin de prodiguer des soins sécurisés aux citoyens. Dans le contexte marocain, on se trouve face à une médecine à double vitesse du fait du manque de moyens financiers et de la mauvaise répartition des ressources humaines médicales et paramédicales centrées sur l’axe El Jadida-Kenitra. D’où la problématique du handicap de l’accès aux soins dont souffrent les malades. Mais la part du manque de couverture médicale adéquate et généralisée reste indéniable à ce niveau.

Nous, médecins du secteur privé, nous voulons que l’hôpital public soit performant pour assurer une meilleure prise en charge des maladies graves pour lesquelles le coût des investissements technologiques ne peut être supporté que par l’état. Actuellement, l’équation est inversée. C’est le secteur privé qui investit dans le matériel de pointe malgré les contraintes financières imposées, au moment où les établissements sanitaires publics s’enfoncent dans la dégradation de leurs services de soins. Et nul n’ignore les conséquences d’une telle chute sur l’état de santé de la population et sur le système de santé en général. 

 

Quelle est la stratégie à adopter pour un meilleur rendement des deux secteurs et pour permettre une meilleure accessibilité aux soins et aux traitements à nos citoyens?

Je reviens à l’idée de complémentarité entre les deux secteurs et son apport dans l’amélioration du rendement. Dans d’autres pays, le médecin privé de ville peut faire bénéficier son patient des prestations hospitalières où il peut même lui assurer un suivi médical. Au Maroc, c’est ce partenariat dont on a besoin pour compenser à la fois les ressources budgétaires déficitaires de l’état et la pénurie de médecins, et là il ne faut pas oublier que notre pays ne dispose que de (1) un médecin pour presque 2000 habitants, un chiffre qui reste trop loin de ce qui existe dans les pays voisins du Maghreb, (Tunisie 1 médecin pour presque 800 habitants, et l’Algérie 1 médecin pour presque 600 habitants).

Dans ce même ordre d’idées, la rationalisation et l’optimisation des dépenses de soins de santé sont tout autant indiquées. à titre d’exemple, l’achat de médicaments sans ordonnance qui représente actuellement 70% des ventes, constitue un danger pour la santé des citoyens et un gâchis économique énorme. Parce qu’il engendre une perte de chance de diagnostic et de traitement précoce pour plusieurs maladies à complications et à évolution fatale dans bon nombre de cas. C’est la raison pour laquelle je considère que chaque perte de chance de guérison d’un malade est un crime et nos législateurs sont appelés à mettre en place les mesures nécessaires pour pallier ces lacunes et punir sévèrement les responsables.

L’accès aux soins mérite également d’être organisé selon un circuit privilégiant dans un premier temps une médecine de premier recours qui apporte une solution à plus de 80% des motifs de consultations. Pour cela, je pense qu’il faut reconnaître la mission du médecin généraliste qui assure une médecine globale, autant médicale que psychologique et sociale, une médecine de dépistage et d’éducation pour la santé, en plus de l’orientation du patient vers les spécialistes concernés pour les pathologies qui nécessitent l’avis ou l’intervention du médecin spécialiste, et ceci dans l’extrême respect des champs d’intervention.

Il ne faut pas oublier que les professionnels de santé exerçant dans le secteur public sont sous-payés, peu considérés, et travaillent dans des conditions lamentables, d’où le malaise généralisé qui influe négativement sur le service rendu au citoyen par le corps médical. Donc, améliorer la situation de ces praticiens est une obligation et c’est à l’état de faire le nécessaire.

Je pense que continuer à fermer les yeux et à tolérer l’exercice non autorisé de la médecine ne peut que nuire à la santé de la population et à l’équilibre de notre système de soins; il en est de même de la recrudescence du charlatanisme qui commence à s’infiltrer dans le milieu médical. Peut-on considérer la non réaction des autorités de santé comme une bénédiction ou une complicité ? Cette question trouve sa légitimité face à leur inertie malgré les plaintes et les appels pour remédier à cette situation.

 

L’image du médecin du secteur privé s’est assez gravement détériorée ces dernières années. Comment remédier à cette situation ?

Je voudrais d’abord rappeler que le médecin qui exerce dans le secteur privé se heurte à une concurrence déloyale par les établissements de l’état, les établissements dit de bienfaisance ou à but non lucratif, mais qui exercent comme des établissements privés et, dans la plupart des cas, sont beaucoup plus onéreux que les cliniques privées (hôpital Cheikh Zaid, le Croissant Rouge Marocain, etc.), les formations hospitalières de l’ONE, de l’ONEP, les services médicaux de certaines administrations, des collectivités locales, des régies, etc., les formations hospitalières de la C.N.S.S. qui exercent sans autorisation officielle au vu et au su de l’Ordre et des autorités. Il en est de  même de la pratique illégale ou non autorisée de la médecine, de la recrudescence du charlatanisme, en plus de la délivrance de médicaments par les officines sans ordonnance, tout cela ajouté à une fiscalité injuste.

En avançant ces éléments, mon but n’est pas de justifier certains actes blâmables, mais plutôt d’inciter les responsables à se pencher davantage sur ce domaine vital pour le pays afin de le moraliser. De ce fait, la réforme du conseil de l’Ordre des médecins s’impose de toute urgence. L’objectif est de mettre en place une institution apte à être gardienne de la moralité, de la probité et de la dignité de la profession médicale, garante du respect des règles de discipline, de déontologie et d’éthique, pour défendre la santé du citoyen. Et parce qu’il s’agit de préserver et d’appliquer des principes de conduite des médecins aussi bien entre eux qu’avec leurs malades, la problématique du conseil national de l’Ordre concerne non seulement la profession médicale, mais la société dans son ensemble.

 

Quelle est la place du secteur privé dans la formation des étudiants en médecine ? 

Actuellement, le secteur privé ne joue aucun rôle dans la formation des étudiants en médecine. Toutefois, des discussions ont été initiées avec les enseignants universitaires et les doyens des facultés de médecine pour créer des liens de partenariat entre le public et le privé. D’ailleurs, dans le projet de loi relatif à la réorganisation du conseil de l’Ordre des médecins présenté dernièrement au président actuel de l’Ordre des médecins et au ministère de la Santé, il a été question d’impliquer les doyens des facultés de médecine dans toutes les réunions des conseils régionaux de cette institution.

Il faut aussi signaler que notre enseignement est trop souvent un enseignement de spécialités juxtaposées, et non pas de médecine générale. De même, les Facultés ne dispensent aucune formation à la communication, et plus généralement aux diverses activités médico-sociale des médecins généralistes. Ce qui nécessite une adaptation des programmes d’enseignement universitaire à la pratique médicale à travers l’instauration d’une filière spécifique pour la médecine générale. C’est dans ce cadre que le syndicat national des médecins du secteur libéral propose de mettre en place une nouvelle filière de formation de médecins généralistes. Et pour renforcer les connaissances prodiguées, nous proposons que des stages pour les futurs lauréats soient prévus dans des cabinets médicaux privés ayant eu au préalable une accréditation délivrée par la faculté elle-même selon un certain nombre de critères. Enfin, tout aussi importante que la formation médicale initiale, la formation médicale continue figure également dans le projet de loi élaboré par les syndicats pour la réforme du conseil de l’Ordre des médecins. Ce dispositif devra être supervisé par cette instance, principal garant d’une pratique médicale efficace, moderne et sécurisée.

 

Qu’en est-il de la répartition géographique des praticiens sur le territoire marocain ?

Aux points déjà soulevés au début, j’ajouterai que l’état est vivement appelé à prendre des dispositions incitatives pour encourager l’installation des praticiens dans les différentes régions du Royaume. Au même titre que les investisseurs industriels -secteur purement commercial-, les professionnels de la santé peuvent bénéficier des mêmes avantages qui leur sont offerts en particulier dans les régions enclavées du pays. Terrain pour la construction du cabinet médical à des prix symboliques, exonération d’impôts et taxes sur le matériel médical… Avec de pareilles propositions, les demandes d’installation des médecins ne peuvent qu’augmenter dans ces régions éloignées. Ce qui aura pour conséquence une nette amélioration de l’état de santé de la population, aussi bien en termes de prévention des maladies que de leur prise en charge. Dans ce sens, je voudrais rappeler une étude faite aux états-Unis qui a démontré que la mortalité a diminué de 14,4 morts pour 100 000 habitants pendant une période de onze ans durant laquelle le nombre de généralistes a augmenté de 1 pour 10 000 habitants (Social Science & Médicine 2005). Cette étude a apporté la preuve que les ressources en soins primaires sont liées à la santé de la population et qu’elles peuvent aussi aider à réduire les disparités socio-économiques.

 

Les médecins du secteur libéral sont de plus en plus inquiets pour leur avenir. De quoi souffrent-ils au juste ?

Entre l’immigration à l’étranger ou les manifestations devant le Parlement en tant que médecins chômeurs, nous avons choisi l’exercice dans le secteur privé comme alternative face au manque de postes budgétaires dans le secteur public. Mais cette aventure n’est pas dénuée de risques. Intérêts trop élevés sur les crédits bancaires, fiscalité injuste, charlatanisme, automédication, la longue listes des contraintes s’alourdit notamment avec la concurrence déloyale des cliniques de la CNSS qui, à ce jour, n’ont aucune autorisation pour prodiguer des soins à la population. 

Malgré tout, nous avons fait ce choix, sachant que nous n’avons aucune couverture médicale ou sécurité sociale ni pour nous ni pour les membres de nos familles. N’est-il pas injuste de vivre dans cette situation qui n’est pas seulement inquiétante, mais lamentable ? Contrairement à ce que pense le commun des mortels, il arrive que certains médecins malades ne peuvent se soigner que grâce aux cotisations et à la bienfaisance de leurs confrères et, dans certains cas, ils sont obligés de tout vendre pour se soigner ou soigner un membre de leur famille.

La recherche à l’étranger de meilleures conditions de vie devient l’unique solution pour certains praticiens. Dans ce cadre, le syndicat des médecins du secteur libéral enregistre l’inertie totale des autorités concernées malgré ses multiples appels et ses propositions. Le but de ces propositions n’est pas de demander des subventions à l’état, mais de mettre en place les décrets d’application de la loi qui ouvre le droit aux citoyens exerçant une profession libérale de bénéficier d’une assurance maladie et d’une sécurité sociale.

 

Où en êtes-vous par rapport aux différents chantiers entamés par le syndicat des médecins du secteur libéral ?

Réformer l’institution ordinale est un des principaux chantiers sur lequel le syndicat national des médecins du secteur libéral travaille d’arrache-pied. Le projet a atteint l’étape finale, celle qui concerne sa présentation au Parlement pour approbation.

En parallèle, nous avons participé à la création d’une centrale syndicale baptisée « Union nationale des professions libérales». Cette union regroupe huit professions déjà organisées en syndicat, à savoir les médecins du secteur libéral, les avocats, les architectes, les pharmaciens d’officine, les chirurgiens dentistes, les biologistes, les experts-comptables et commissaires aux comptes et les opticiens. C’est dans ce cadre que nous militons pour la mise en place de couverture médicale et de protection sociale pour les professions libérales.

Outre ces projets, notre syndicat travaille sur la réforme de notre système de santé. C’est ainsi qu’avec nos confrères du secteur universitaire et du secteur public nous  œuvrons à faire face aux tentatives d’amendements de la loi 10-94 concernant l’exercice de la médecine. Ces amendements qui stipulent la libéralisation du secteur de la santé dans le but d’ouvrir la porte aux commerçants pour y investir. C’est en fait une marchandisation de la santé et personne n’ignore ce qu’une telle orientation aura comme conséquences négatives sur l’accès aux soins et sur le système de santé en général dans notre pays.

 

Le médicament continue de défrayer la chronique. Quel est votre point de vue sur le sujet ?

Le médicament reste un sujet de grande actualité et implique plusieurs intervenants outre les médecins, les pharmaciens, les industriels pharmaceutiques, le ministère de la Santé et les organismes gestionnaires de l’AMO. Or, la première question qui se pose, c’est que 70% des médicaments sont vendus à des fins d’automédication et seulement 30% sont fournis sur ordonnance médicale, dont font partie toutes les prescriptions des médecins, tous secteurs et spécialités confondus. Quant au prix du médicament que tout le monde qualifie de cher, la responsabilité en incombe avant tout à ceux qui le fixent. C’est à mon sens de là que vient l’anomalie en plus des taxes imposées par l’état sur les médicaments.

 

Que pensez-vous des génériques et du droit de substitution tout d’abord, et les génériques disponibles au Maroc ont-ils tous la même efficacité ? 

Ma réponse est NON, et j’assume ce que je dis. Il faut donc revoir notre politique du médicament en imposant à tout fabricant de générique une étude de bioéquivalence in vivo pour son produit générique avant sa commercialisation. Et ce qui est valable pour les nouveaux produits doit l’être aussi pour les anciens. En tant que médecin, s’assurer de l’efficacité du médicament avant de le prescrire est un devoir afin d’éviter tout échec thérapeutique ou effet indésirable imprévu.

Dans un autre registre, je voudrais revenir sur la polémique suscitée autour du lien de complicité entre le médecin et l’industrie pharmaceutique concernant la prescription des princeps. Pour mettre fin à ces accusations infondées, le Syndicat a proposé à la commission parlementaire et au ministère de la Santé, de prescrire en DCI à condition d’avoir la certitude de l’efficacité de tous les génériques existant sur le marché et de mettre fin à la vente de médicaments sans prescription médicale.

Pour cela, de nombreuses mesures devant accompagner ce processus doivent être prévues. Outre la formation du personnel des officines, la présence permanente du pharmacien dans son lieu de travail pour répondre effacement aux sollicitations de ses clients. C’est donc une très grande responsabilité et, à mon avis, les pharmaciens doivent rester très attentifs concernant le droit de substitution. C’est un domaine très piégé, parce que le choix du traitement reste avant tout du ressort du médecin.

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Césariennes au privé - par amgpa le 28/07/2010 @ 11:24

Enquête. Césariennes à la chaîne

Dans les cliniques privées, de plus en plus d’enfants naissent par césarienne. Une tendance inquiétante, qui pose de vraies questions de société.


Assise au bord du lit d’une chambre inoccupée, au 2ème étage d’une clinique casablancaise, Hana, voile rose et blouse blanche, feuillette le registre des naissances : “Depuis lundi, on a eu vingt-cinq accouchements : onze par voie basse et quatorze césariennes, précise notre sage-femme. C’est plutôt équilibré… Parfois c’est vingt
césariennes pour trois accouchements normaux !”. Certes, une partie de ces césariennes – incision chirurgicale de la paroi abdominale – est due à des raisons médicales. Mais au Maroc, bon nombre de ces interventions pratiquées dans les cliniques s’avèrent médicalement injustifiées.
Pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les naissances par césarienne devraient être comprises entre 5 et 15%. Une majorité de cliniques marocaines, elles, affichent un taux de plus de 60%. “Jusqu’à 90%”, assure cette autre sage-femme. Pas de statistiques officielles, mais des estimations fondées sur de nombreux témoignages. “Plus de la moitié de ces césariennes sont programmées, et encore, une bonne moitié pour des raisons de convenance”, observe le Dr Chafik Chraïbi, chef du service gynécologie-obstétrique à la maternité du CHU de Rabat. “C’est devenu une solution de facilité”, affirme-t-il.

Questions de sous
La césarienne présente, en fait, nombres d’avantages : rapide, planifiable, balisée, elle facilite l’organisation du service, permet aux maternités de réduire le nombre de gardes et de maximiser le flux de clientèle. “En une demi-heure l’affaire est pliée, au lieu de six à douze heures pour un accouchement par voie basse”, explique le Dr Chraïbi. “Ce n’est pas pour arranger l’emploi du temps des médecins”, conteste le Dr Chenfouri, gynécologue libéral à Casablanca, qui estime le taux de césariennes à 50% (déjà bien au-dessus des recommandations de l’OMS, ndlr). “D’ailleurs la plupart des césariennes sont faites en urgence. Et une femme césarisée mobilise une chambre deux fois plus longtemps” argumente-t-il.
Une naissance par césarienne rapporte aussi plus d’argent. Selon l’établissement, l’intervention varie entre 4000 et 15 000 dirhams. Mais coûte toujours deux fois plus qu’un accouchement normal. “Oui, ça fait tourner les cliniques. Elles vous déroulent le tapis rouge pour vous faire opérer”, lance le Dr Chraïbi. Quoi qu’un peu mal à l’aise, le directeur d’une clinique casablancaise nie en bloc l’argument financier : “Une fois payé l’anesthésiste, les prestations, la chambre…ça ne rapporte quasiment rien à la clinique, 3000 DH tout au plus. Avec l’extension de l’assurance-maladie, le prix a beaucoup baissé”. Dans sa maternité, “60% des naissances ont lieu par césarienne”, reconnaît-il, arguant que “la clinique absorbe des cas difficiles, qui n’ont pas réussi à accoucher normalement à l’hôpital ou qui ont déjà eu une césarienne et pour lesquels il est déconseillé d’accoucher par voie basse ensuite. Si on accueillait le tout-venant, on en ferait moins !”, poursuit le directeur.
Et pourquoi se priver, quand la césarienne est de surcroît mieux remboursée par la sécurité sociale ? “Sur une facture totale de 11 000 DH, on n’a payé que 3000”, compte ce couple. “Pour un accouchement par voie basse à 6000 DH, la mutuelle privée de mon mari plafonne à 2500 DH contre 10 000 DH pour une césarienne, ça revient donc plus cher”, confirme Maria Smouni, kinésithérapeute au CHU Ibn Rochd.

Une procédure à risques
Autre argument récurent des médecins : l’augmentation du risque médico-légal, autrement dit des procès intentés par les familles. “C’est un problème sociétal, l’exigence du risque zéro, surtout quand on paie, confirme le Dr Chenfouri. Il y a beaucoup de procès pour des bobos, le gynéco maintenant a même peur d’utiliser le forceps ou la ventouse lors d’un accouchement normal !”. Ce que confirme une gynécologue libérale, exerçant à Casablanca, traînée en justice il y a sept ans : “Lors d’un accouchement par voie basse, l’enfant est né avec une malformation. La femme était indisciplinée, elle criait, s’est détachée le pied. Il n’y a pas eu faute médicale. La patiente a pourtant été indemnisée et mon assurance m’a couverte, raconte le médecin. Mais maintenant, je l’avoue, je ne me casse pas la tête, je fais deux-tiers de césariennes. 40 % sont programmées, les autres sont décidées si le col ne s’ouvre pas au bout de deux heures de contractions. Je ne cours plus de risque, je césarise, c’est plus facile”.
Mais que vaut ce principe de précaution quand on sait que la césarienne est une opération qui présente trois fois plus de dangers que la voie basse, selon l’OMS ? Pour la mère : risque d’hémorragies, rupture utérine, infection de la cicatrice…et la faible probabilité d’accoucher ensuite normalement. La plupart du temps, une césarienne en appelle une autre et les risques augmentent à chaque nouvelle opération. Les bébés nés par césarienne sont davantage exposés à des problèmes respiratoires (asthme, etc.). Sans oublier la perte progressive du savoir-faire médical à force d’éviter les accouchements par voie basse. Selon de nombreux spécialistes internationaux, un taux raisonnable (20 à 30%) de césariennes est un critère de qualité de la médecine. Paradoxalement, au Maroc, on présente la banalisation de la césarienne comme le résultat du progrès médical et une forme de l’obstétrique moderne. “Les estimations de l’OMS sont anciennes (1985, ndlr), les risques ont diminué avec les nouvelles conditions d’asepsie et d’anesthésie, maintenant une simple piqûre dans le dos suffit”, reconnaît le Dr Chraïbi. “Aujourd’hui le taux de natalité a beaucoup baissé donc les risques sont démultipliés. Une femme se dit ‘j’aurai deux enfants, mais je veux les avoir bien !’, estime de son côté le Dr Chenfouri. Et les cicatrices sont de moins en moins inesthétiques, ça encourage les femmes”.

Changement de mentalités
Force est de constater que les médecins font de plus en plus face à des patientes mal renseignées, mais qui ne veulent pas entendre parler d’un accouchement par voie basse. “Si on n’accepte pas, la patiente va voir ailleurs, poursuit ce directeur. Au Maroc, vous savez, nous sommes beaucoup de médecins libéraux pour une clientèle réduite”. Ce sont donc les futures mamans qui exigent ces césariennes “de confort”. “Elles veulent une obligation de résultat, c'est-à-dire mettre au monde sans souffrance des bébés bien portants. Elles refusent l’épisiotomie et même la péridurale, à cause de rumeurs disant que cela provoque des paralysies”, explique le Dr Chenfouri. Pour Maria Smouni, enceinte de son troisième enfant après deux accouchements par voie basse, “les femmes sont mal informées, notamment sur la péridurale, pourtant ça apaise vraiment les douleurs !”.
Sur un forum Internet dédié aux femmes enceintes, Ihssane rapporte les propos de sa mère : “Elle me dit que je suis folle si j’ai envie de souffrir et de me déchirer le vagin. Pire encore, c’est ma sœur, médecin de surcroît, qui lui a dit ça !”. L’argument est récurrent : “Beaucoup de femmes ont ainsi peur que leur vagin se distende (au niveau du périnée) car ça peut gêner leurs relations sexuelles”, confie Hana. Selon cette sage-femme, il faut aussi compter avec le stress de la vie professionnelle : “Les femmes n’ont plus la même patience, elles ne veulent pas abîmer leur corps. Par contre, plus on descend dans l’échelle sociale, moins une césarienne est acceptée. Dans les milieux populaires, une vraie femme met au monde dans la douleur”.
L’idée de donner naissance à un enfant sans douleur est de fait totalement illusoire, même par césarienne. “Pendant une semaine, je ne pouvais pas me lever, ni bouger ni éternuer, je ne pouvais rien faire. Le plus dur c’est qu’au début je ne pouvais pas m’occuper de mon bébé”, regrette Farida sur un forum. Dans sa chambre rose au surlendemain d’une césarienne pour son premier enfant, Nabila, le visage souriant mais contracté, témoigne : “J’aurais préféré souffrir pendant plutôt qu’après… Ceci dit je ne regrette rien, le cordon était enroulé autour du pied et après cinq heures de contractions j’ai accepté la césarienne. Mais autour de moi beaucoup de femmes la choisissent d’emblée. C’est un changement de mentalités”.

Une banalisation (in)acceptable ?
Beaucoup de gynécologues ne jouent pas assez la sensibilisation et la transparence. “C’est vrai, normalement en médecine il y a un devoir de consentement éclairé. Mais on camoufle, on enjolive la chose, confesse une gynécologue libérale. Ici ce n’est pas comme en Europe, les femmes sont très influençables et paranos, si on les informe des risques on les perd. La médecine c’est un peu du marketing. Alors on dit ‘ikoune khir’. Même pour nous, par superstition”. Deux des médecins interviewés ont d’ailleurs reconnu préférer la césarienne pour leur épouse ou leur fille.
Mais cette banalisation est-elle normale ? Est-elle médicalement positive, déontologiquement et éthiquement acceptable ? Contacté par TelQuel, le ministère de la Santé ne semble pas se sentir concerné. “Il s’agit du secteur privé”, nous répond-on au service règlementation. Dr Abdelouahed Ambari, président régional (Grand Casa) du Conseil de l’ordre des médecins, temporise : “A ce jour, il n’y a pas de statistiques officielles, et en quatorze ans, je n’ai reçu aucune plainte pour une césarienne imposée et qui aurait permis d’ouvrir une enquête. En revanche, j’en ai reçu pour souffrances fœtales”, conclut-il. Comprenez, la césarienne arrange tout le monde…

Hôpital public. 13% de césariennes
Quelle que soit l’ampleur du recours aux césariennes, cela ne concerne que le secteur privé. “On parle d’une tranche très privilégiée de la population, puisque 40% des femmes enceintes ne sont même pas suivies”, rappelle cette sage-femme. Au Maroc les trois-quarts des 600 000 accouchements annuels ont lieu à l’hôpital, où la césarienne n’est utilisée en moyenne que pour “13% des naissances”, estime le Dr Chafik Chraïbi du CHU de Rabat. “Ça va de 20% dans une maternité spécialisée en réanimation maternelle et néonatale, à 8% dans les hôpitaux périphériques et centres de santé. Là, il s’agit d’un besoin non satisfait : manque d’équipements, pas assez de médecins, la sage-femme gère tout” , ajoute-t-il. Dans les campagnes, pas de césarienne : les femmes accouchent en milieu non médicalisé, d’où des taux de mortalité maternelle (227 pour 100 000) et infantile (40 pour 1000) très élevés au Maroc. Entre public et privé règne un déséquilibre peu favorable à la santé publique.

Vécu. “C’était un ultimatum”

Témoignage de Nadia et Bachir, parents d’un premier enfant né par césarienne.

“La grossesse a été sereine, je tenais à un accouchement normal, j’ai fait du yoga, des cours de respiration. Le jour où j’ai perdu le bouchon, j’ai commis l’erreur, par peur, d’arriver à la clinique trop tôt, un samedi. On m’a gardée en clinique sous monitoring, sur le dos, alors qu’une femme a besoin de bouger, marcher, se sentir en confiance. Une heure après on me dit ‘le col ne s’ouvre pas’. J’ai insisté, on me répond sèchement ‘écoutez madame, soit on fait une césarienne maintenant soit il y aura souffrance fœtale’“, raconte Nadia, encore éprouvée. “Ils disent tous ça, on te fait culpabiliser, c’est de la malhonnêteté”, poursuit son mari, qui dit s’être senti “isolé”. “Je voulais l’accompagner en salle d’accouchement, au contraire il m’ont exclu de la situation. ça semblait franchement prémédité, c’est un forcing très clair !”. Pour Bachir, thérapeute, selon qui “l’accouchement normal permet un étirement des membranes intracrâniennes et du crâne favorables au développement de l’enfant, on sous-estime les risques de la césarienne. Le médecin nous a dit ‘ah vous offrez la plus belle naissance à votre bébé’”, rapporte-t-il, sceptique de ce “bourrage de crâne même bien intentionné”, et furieux du “traitement antibiotique postopératoire imposé d’emblée, via l’allaitement, dans le corps du bébé au moment où il constitue ses défenses immunitaires”, alors qu’eux sont tournés vers la médecine alternative.

Source: http://www.telquel-online.com/415/mag1_415.shtml

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AMO - par amgpa le 20/07/2010 @ 13:59

Les tarifs de l'assurance maladie seront-ils révisés avant fin juillet ?

Le ministère de la santé devait recevoir les propositions de la CNSS et de la CNOPS vers le milieu du mois.
600 médecins spécialistes ont signé la décision de déconventionnement décidée par leur Collège syndical.
Tout en réclamant une augmentation des prix des consultations, les généralistes refusent de suivre le mouvement de boycott.

Yasmina Baddou, ministre de la santé, est obligée de prendre son mal en patience, en dépit de la pression du corps médical. Contrairement à ce qu’elle avait annoncé au début du mois (voir La Vie éco du 2 juillet, www.lavieeco.com), la nouvelle tarification nationale de référence (TNR), servant de base à la fixation des remboursements des dossiers de l’assurance maladie obligatoire, n’a pu être fixée à la mi-juillet. La raison est que les négociations avec les acteurs concernés traînent toujours.
Ce n’est que le lundi 12 juillet que la ministre de la santé a reçu les organismes gestionnaires de l’Amo, la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss), agissant pour le compte des salariés du secteur privé, et la Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale (Cnops) en charge de ceux du public, pour leur soumettre ses propositions de révision des tarifs. Ces derniers devaient, à leur tour, présenter les leurs d’ici la mi-juillet. Ce n’est qu’après, affirme-t-on au département de la santé, que les négociations avec les médecins pourront commencer.
«Je connais certes les doléances des médecins, mais je ne peux trancher car il me faut absolument le point de vue des gestionnaires qui sont concernés en premier lieu puisque ce sont eux qui vont payer», répète Yasmina Baddou qui ne manque pas de souligner que les éventuelles augmentations dépendent des capacités de paiement des deux caisses réticentes, rappelons-le, à la révision de la TNR pour des raisons d’équilibre budgétaire. Celui-ci serait menacé, selon les prévisions des gestionnaires et de l’Agence nationale de l’assurance maladie (ANAM), dès 2011 pour la CNSS et 2013 en ce qui concerne la CNOPS. 

Les spécialistes, pessimistes, parlent de plusieurs mois de négociations avant d’arriver à une solution

La question est maintenant de savoir si réellement on arrivera à réviser l’actuelle tarification ? Il faut rappeler à cet effet que la loi 65-00 régissant l’Amo prévoit dans ses dispositions une révision desdits tarifs tous les trois ans et que ces derniers devaient déjà faire l’objet d’un remaniement, il y a un an. La responsable en est d’ailleurs consciente et milite pour cette modification car les tarifs actuels, dit-elle, «ne reflètent pas la réalité du secteur médical». Elle confirme par ailleurs que la mise à niveau est inévitable et se fera soit dans un cadre consensuel soit par arbitrage ministériel. Mais elle s’abstient de dévoiler, pour l’instant, ses propositions de révision des tarifs. Tout comme elle ne s’avance pas sur un délai précis, se contentant de dire que «la décision sera prise dans les prochains jours».
Cette décision ne portera pas seulement, précise Yasmina Baddou, sur les tarifs mais aussi sur les mécanismes d’accompagnement qui permettront, d’une part, la maîtrise des dépenses et, d’autre part, le respect des tarifs de référence. Car, aujourd’hui, il y a des dépassements notoires des tarifs encore en vigueur.
Pour les médecins spécialistes, la situation n’est pas près de s’arranger. A l’issue de son assemblée générale du 25 juin dernier, leur Collège syndical national des médecins spécialistes du secteur privé (CSNMSSP) avait voté un déconventionnement de l’Amo, manière de faire pression sur les négociations en cours. Aujourd’hui, le nombre de praticiens ayant donné effet à ce retrait du système s’élève à 600. En dépit des paroles rassurantes de la ministre, le collège estime qu’il faudra encore plusieurs mois pour régler le problème, alors qu’en janvier 2010, au démarrage des négociations entre corps médical et gestionnaires de soins, il était convenu de boucler le dossier en six mois au maximum.
Rappelons qu’actuellement les tarifs des spécialistes acceptés dans le cadre de l’Amo sont fixés à 150 DH alors que dans la pratique on observe un minimum de 200 DH et, plus fréquemment, 250 DH.

Les généralistes déplorent que 90% des consultations se fassent chez les spécialistes

En revanche, les médecins généralistes ne se sont pas, à ce jour, solidarisés avec leurs confrères. «Nous sommes dans un processus de négociations et nous ne connaissons pas encore les propositions du ministère de la santé», dit Rachid Choukri, président du Syndicat national de la médecine généraliste. Il ne manque pas de souligner que «la réorganisation du circuit des soins est nécessaire et doit s’articuler autour du médecin généraliste» et que, à ce sujet, «le Maroc est très en retard par rapport aux autres pays». Par cette réorganisation, le syndicat vise un changement au niveau de la loi qui rendrait la visite chez le généraliste préalable à la consultation d’un spécialiste. Chez le syndicat on souligne qu’actuellement 90% des consultations au Maroc se font auprès de spécialistes alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande que 80% des consultations doivent se faire auprès de médecins généralistes.
Côté tarifs, le syndicat réclame une revalorisation de la consultation en cabinet. Il propose de porter le prix de 80 ou 100 DH actuellement à 150 DH. Pour la consultation à domicile en journée, les généralistes proposent 250 DH, et 300 DH si la prestation se fait le soir avant minuit. Entre minuit et 8 heures du matin, le tarif proposé est de 350 DH. En plus de la révision des tarifs, les généralistes demandent une indemnité kilométrique de 4 à 5 DH/km.
Source la vie eco

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medicament - par amgpa le 12/07/2010 @ 05:41

Pharmaciens : enfin le droit de changer la prescription du médecin


Le ministère de la santé est favorable à l'institution du droit de substitution dans le cadre de la promotion du médicament générique.
En contrepartie, il veut ramener à 10% la marge sur le princeps et maintenir celle relative au générique à 30%.
Les médecins demandent à ce que la présence effective du pharmacien dans l'officine soit contrôlée.

C’est à une vieille requête des pharmaciens d’officines que le ministère de la santé s’apprête à répondre. Depuis une vingtaine d’années, et avec l’apparition des premières difficultés financières dans le secteur, ces derniers ont en effet réclamé de pouvoir disposer d’un droit de substitution. Concrètement, ce droit ouvrirait aux pharmaciens la possibilité de pouvoir substituer aux médicaments prescrits par un médecin, un autre aux effets similaires, soit en raison de la non-disponibilité du produit prescrit, soit pour une raison de coût. Jusqu’à présent, les pharmaciens étaient obligés pour cette opération de substitution d’en référer à un médecin et le malade n’avait pas la garantie d’être remboursé pour son assurance maladie.
Il en sera autrement à l’avenir. Dans la foulée de la révision des tarifs de l’Assurance maladie obligatoire (Amo) et de la réforme globale du système de santé, Yasmina Baddou, ministre de la santé, a approuvé le principe et se dit prête à le mettre en application dès que les conclusions d’une étude sur le médicament, confiée au cabinet Boston Consulting Group, seront finalisées.

L'amendement du Code de la pharmacie ne devrait pas poser de problèmes

Auprès du ministère, on a appris que ce bureau d’études est en train d’effectuer les simulations financières des marges et des chiffres d’affaires permettant d’estimer, entre autres, l’impact de l’institution du droit de substitution. Pour le ministère de la santé, le droit de substitution n’est cependant pas un simple réaménagement des conditions réglementaires. Il s’inscrit dans le cadre de la stratégie de développement des médicaments génériques et, devant la méfiance des médecins envers ce type de produit, espère que les pharmaciens, avec le droit de substitution, seront enclins à mettre en avant les génériques, souvent moitié moins chers que le princeps. En plus de l’accès des patients aux soins, il permettra une amélioration de la part des génériques qui s’élève aujourd’hui à 25% à peine du marché privé du médicament estimé à 8 milliards, alors qu’il atteint 80% de la consommation du secteur public de la santé.
La Fédération nationale des syndicats des pharmaciens du Maroc, qui attend les propositions du ministère en la matière, reconnaît que l’introduction du droit de substitution constitue une grande avancée par rapport à la législation qui régit le secteur. Son président, Belhaj Kamal, explique que «socialement le droit de substitution aura un double impact. D’abord, il permettra un plus grand accès aux médicaments. Ensuite, il ouvrira un droit de remboursement au profit des patients».
Les médecins, eux, approuvent également le droit de substitution, mais soulignent qu’il est nécessaire que la sécurité des patients soit garantie. C’est pourquoi, expliquent-ils, le ministère doit contrôler la présence permanente des pharmaciens dans les officines. Car le danger est de voir un simple technicien d’officine proposer un produit de substitution sans maîtriser les effets, la posologie et les contre-indications. Les médecins proposent donc d’accompagner ce droit de substitution de mesures d’accompagnement comme des sanctions en cas d’absence du pharmacien ou lui donner la possibilité de recruter des stagiaires (étudiants en dernière année de pharmacie).
L’institution du droit de substitution nécessite toutefois un amendement de l’actuel code de la pharmacie, donc le retour au circuit législatif. Une démarche qui ne devrait pas poser de problèmes insurmontables, puisqu’elle s’inscrit dans un objectif social qui est celui d’abaisser le coût du médicament. Un rapport parlementaire élaboré il y a quelques mois a d’ailleurs mis en lumière la cherté des produits pharmaceutiques.
Sur le fond, tout le monde paraît donc d’accord. En revanche, la mise en œuvre risque d’être difficile en raison de divergences sur les marges. Actuellement, elle sont uniformes et sont fixées à 30%. Yasmina Baddou propose de  garder les 30% mais uniquement sur le générique, pour encourager sa prescription, et 10% sur le princeps. Les pharmaciens rejettent cette proposition arguant que la marge sur les génériques est un acquis. Ils ne veulent pas non plus entendre parler de la baisse de celle qui est appliquée sur le princeps. Encore une fois, ils invoquent le risque de faillite de plusieurs officines «dans un secteur déjà en crise». Selon la fédération, 3 000 pharmacies sont déjà fermées ou en cours de liquidation sur les 10 000 répertoriées. Pour la fédération, il serait plus judicieux pour aider le secteur et l’encourager à prescrire du générique, de porter la marge sur les génériques à 40% sans toutefois toucher à l’actuelle marge des princeps. On ne sait pas encore si le ministère de la santé acceptera cette contre-proposition, mais on retient que Yasmina Baddou «s’engage à répondre à plusieurs des doléances et à garantir le retour en pharmacie de certains produits» . Il s’agit, par exemple, des anti-cancéreux et des médicaments vétérinaires. Là encore, les pharmaciens sont  réticents car, dit-on à la fédération, «nous encourageons le retour de ces produits en nous contentant d’une petite marge de 5%. On ne peut pas parler d’une quelconque compensation, c’est plutôt un acte humain et social que nous avons fait».      
Base légale :Le droit de substitution interdit depuis 1922


Le droit de substitution est interdit par le dahir du 2 décembre 1922 portant réglementation sur l'importation, le commerce, la détention et l'usage des substances vénéneuses. Le code du médicament et de la pharmacie, publié au Bulletin officiel du 7 décembre 2006, a reconduit cette interdiction. Dans la pratique, cette interdiction est doublée d'une impossibilité pour le patient, en cas de substitution, de se faire rembourser les frais engagés par les mutuelles et les compagnies d'assurance. Les pharmaciens réclament la levée de l'interdiction depuis plusieurs années. Les différents ministres qui se sont succédé ont opposé une fin de non-recevoir à leur requête. C'est dans le cadre de la promotion du générique que Yasmina Baddou s'est déclarée favorable à l'obtention de ce droit.

source : La vie éco

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